Quand l’espace permet l’expression de la créativité

Nous sommes bien installés dans notre nouvelle vie. La maison est bien rangée, les voisins ont été rencontrés et la municipalité a été informée de nos projets pour notre terrain. Des projets, il y en a! Il y en avait déjà plusieurs qui attendaient d’avoir assez d’espace disponible pour s’ériger. Et ici, comme l’espace abonde et que le gazon y est roi, mon énergie redouble de fougue pour occuper notre nouvel environnement autrement qu’en tondant cette foutue pelouse! Voici donc ce que l’espace que nous avons maintenant nous a permis de créer.

Nous avons d’abord décidé de laisser en friche une partie du terrain afin de la reboiser. Nous avons planté quelques arbres tels que des érables, des bouleaux jaunes et un saule tortueux. Nous avons l’intention d’en planter davantage, mais nous attendrons le moment propice pour le faire, c’est-à-dire à la toute fin de l’été.  Au grand bonheur de mes petits sauteurs, nous avons installé une trampoline dans le fond de la cour. Faute de vouloir une piscine, nous voulions tout de même les gâter et rendre encore plus magique cette nouvelle vie. Ils sont ravis!Nous avons compté notre premier point dans la lutte contre notre gazon en détourbant une très grande section pour en faire un jardin. Enfin, ce grand jardin dont je rêve prend forme. L’an prochain, il sera luxuriant de verdure. Ce sera magnifique! Eh oui, il y aura beaucoup de désherbage à faire…mais je préfère de loin travailler dans un jardin qui rapporte de bons légumes que de pousser ma tondeuse pour couper une quantité démesurée d’insignifiant gazon.Nous prévoyons aussi faire un pavé de pierres pour y installer notre foyer en permanence. Avant, le terrain que nous avions nous obligeait à ranger notre foyer après chaque utilisation pour que les enfants puissent avoir un peu de place pour jouer. Maintenant, il aura sa place bien à lui.Nous avons aussi bâti (merci papa et maman!) et installé deux gros bacs pour jardiner des herbes et légumes plus fragiles. Quelle plaisir ce sera de jardiner sans devoir s’accroupir.Les plates-bandes ont également été agrandies et le seront encore et encore au fil des années.Finalement, le petit projet de dernière minute est cette petite piste de course qui permet aux cocos de s’imaginer toutes sortes de scénarios. Pour ce faire, le gazon a d’abord été enlevé et creusé pour ensuite y accueillir une couche de sable et un grillage en métal. Du béton a ensuite été coulé pour faire la route. De grosses roches ont été disposées stratégiquement afin d’éviter l’effritement du béton aux endroits plus fragiles et aussi pour prévenir les cocos trop excités qui sauteraient à pieds joints en plein milieu d’une course effrénée.Bref, le nouvel espace dont nous disposons nous permet d’exprimer tous ces projets qui n’attendaient qu’à se déployer. Il en reste à venir; la construction du garage est présentement en soumission, le poulailler est en pleine conceptualisation et le ruisseau qui borde notre terrain nous fait rêver chaque fois que nous y allons. Nous avons assurément de quoi nous occuper pour les dix prochaines années. Carburer aux projets, moi?…Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. 😉

La fête de la pêche

Il y a de ces choses qu’il faut essayer au moins une fois dans sa vie, des incontournables. J’ai découvert que c’était le cas avec la pêche. Drôle de constat pensez-vous? C’est que cette activité est à mille lieux de ma zone de confort. Très franchement, je n’avais jamais vraiment considéré la pêche comme une option tellement elle était loin de mes intérêts. Mais c’est grâce à la fête de la pêche que j’ai découvert cette activité avec mes enfants.

La fête de la pêche est une initiative du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec . Cet évènement à lieu au début du mois de juin depuis 18 ans maintenant. Durant la fête, tout le monde peut essayer la pêche sans obligation de détenir un permis. Cette année c’était les 2-3 et 4 juin.

Alors, le matin du 4 juin, nous sommes partis toute la famille sur le bord d’une rivière dans l’espoir de voir des poissons. Malgré notre patience et nos nombreux essais, nous n’avons rien pêché. Par contre, ce fut une avant-midi des plus agréable! D’abord, quand nous sommes arrivés sur la rive, l’ambiance presque méditative était bien installée grâce à quelques pêcheurs déjà présents. Mes cocos les observaient attentivement. Puis, à notre grande surprise, ce que nous pensions être une activité faite à la dépêchette, s’est révélée être un moment de calme et de contemplation pour tout le monde, même pour mon coco de 4 ans. Chacun notre tour, nous avons mis notre ligne à l’eau (oui oui, moi aussi!). Nous sommes restés à la rivière plus d’une heure et demie!

Conclusion? Si, comme moi, vous n’avez jamais envisagé essayer cette expérience, je vous confirme que le déplacement en vaut la peine. Certaines municipalités organisent même des fêtes où cannes à pêche sont offertes gratuitement aux enfants et où un grand diner rassembleur est organisé pour les familles. L’an prochain, essayez-le!

Sortir du moule

Cela fait bien longtemps que j’ai écrit ici. Le temps d’une année, je n’ai pas vu le temps passer. Cela s’explique. J’ai recommencé à travailler à l’extérieur de la maison à temps plein. Oh, j’ai rencontré des gens fabuleux et eu des collègues merveilleuses, certes! Mais j’ai aussi dû mettre de côté une partie de moi-même à laquelle j’ai du mal à renoncer; celle d’aimer prendre le temps de faire les choses.

Vous savez, j’ai cette faculté, presque surhumaine parce que rarissime, d’être capable de faire tout ce dont j’ai besoin de faire dans les délais demandés. Si vous me demandez un service, peu importe mon emploi du temps, je trouverai le moyen de le mettre à mon agenda et de le faire. Je suis ce qu’on qualifierait de personne débrouillarde et efficiente. Ce n’est pas peu dire, n’est-ce pas! Mais, bien vite on se rend compte que faire les choses parce qu’il faut les faire est bien différent de les faire lentement, avec toute son attention.

Maintenant, mon emploi occupé cette année, aussi enrichissant et épanouissant fût-il, est terminé. Une corrélation entre un manque de budget pour mon employeur et un besoin viscéral de changer de vie pour mon homme alpha et moi. Oui, oui! Vous avez bien lu. Changer de vie. Ce n’est pas faute d’avoir essayé (ah ça non!) et le constat fût même douloureux, mais la réalité était tellement flagrante; l’homme alpha et moi ne convenons pas au moule. Vous savez le mode de vie choisi et endossé par la majorité, la masse. Cette convention, ce  monsieur madame tout le monde dont on parle. Il ne nous convient pas. On détonne!

On pourrait faire comme plusieurs et se dire que ça passera, qu’on réussira bien un jour ou l’autre à trouver notre compte, à se contenter de ce que l’on a. Se contenter…est-ce vraiment ce que l’on veut? Se contenter d’exister dans un mode de vie « métro, boulot, dodo », dans un environnement dénaturant, dans un horaire compressé, dans une cadence trop rapide pour prendre le temps de savourer les minutes qui passent. Eh bien non. Pas pour nous. Nous avons décidé de déménager, changer de région, et s’offrir un village à dimension humaine. Pourquoi? Pour apprécier davantage le beau temps, prendre la vie plus simplement, cultiver davantage, jouer dans la forêt tous les jours, laisser toute la place qu’il se doit à la créativité, mieux connaître les gens qui nous entourent et aussi, avouons-le, pour sortir des tracas de notre quotidien actuel tel que le trafic. Ce déménagement marque un tournant majeur dans notre vie. Il symbolise notre volonté d’arrêter de lutter contre notre propre nature et d’accepter enfin de faire les choses différemment. Il nous permet d’être plus authentiques et respectueux envers nous-mêmes. Nous le faisons pour trouver notre équilibre personnel et ralentir, mais aussi pour transmettre les valeurs qui nous sont les plus chères à nos enfants.

J’ai toujours senti que j’étais ici pour faire de grandes choses. Que l’être humain était capable de bien plus. Que notre lien avec la terre devait être davantage honoré. Que l’essence même du bonheur c’était la simplicité et les autres…les autres…l’objet de mes tourments ces jours-ci. Parce que les autres de ma vie actuelle me sont chers; mes incroyables voisins, mes majestueux parents, ma sublime meilleure amie, mes amusantes connaissances qui me saluent chaque matin sur le chemin. Tous ceux qui ponctuent mon quotidien sont si précieux à mes yeux. Mais ceux-ci sont confortables et heureux dans ce mode de vie et par le fait même, demeureront ici.

Certains d’entre eux, parfois très proche, ne comprennent pas bien notre choix. D’autres le trouvent inspirant (et ça me fait tellement plaisir, si vous saviez!). Certains, heureusement pas si proche, nous ont même fait part de leur préjugé défavorable à l’égard de ce changement. Nous avons eu l’entêtement de justifier notre choix auprès de certains qui ont osé nous lancer des mesquineries sans remords en pleine conversation amicale. Le changement fait peur. Il déstabilise. Lorsqu’il est volontaire, il nécessite d’assumer les raisons qui nous poussent à le faire. Il fait surgir nos plus profondes convictions, mais aussi nos blessures les plus anciennes. Il demande aussi de laisser derrière des gens qui nous sont précieux.

Mais ce changement, cette extraction du moule, se veut un geste lumineux, positif et empreint d’authenticité pour moi. Alors malgré la tristesse de sortir ceux que j’aime de mon quotidien (et non pas de ma vie), j’ai hâte! Mon homme alpha a hâte! Mes enfants ont hâtes! La vie est une aventure et nous plongeons dedans.

Alors à tous ces gens que j’aime d’amour, je vous dis merci de faire partie de ma vie. Je vous précise que vous n’avez pas besoin d’invitation pour venir à la maison, vous y êtes toujours les bienvenus peu importe où est ma maison. Je vous promets d’être fidèle à mes valeurs afin que ce changement soit une réussite. Je vous dis aussi que je ne suis pas si loin et que je reviendrai vous visiter. Et je termine en vous informant que je vous donnerai des nouvelles de mon clan sur ce blogue. Aller! À bientôt!